Despite their driving role, which is recognized by all actors in the cocoa supply chain, cooperatives are struggling to become influential players capable of exerting real influence on strategic decisions within the cocoa sector in Côte d’Ivoire. For a long time, they have been sidelined. While it is true that some are cooperatives in name only, the reality on the ground shows that there are also many “real” cooperatives committed to improving the situation of their members. However, they are caught in a trap inherent in the current organization and structure of the cocoa sector, where they are considered solely as “collectors and deliverers” of cocoa beans. This role was assigned to them but does not do them justice.
Malgré leur rôle moteur dont l’importance est reconnue par tous les acteurs de la chaine d’approvisionnement du cacao, les coopératives ont du mal à devenir des acteurs de poids à même de peser réellement sur les orientations
stratégiques de la filière cacao en Côte d’Ivoire. Pendant longtemps, elles ont été mises au banc. S’il est vrai qu’il en existe qui ne sont des coopératives que de nom, la réalité du terrain montre qu’il existe aussi, et elles sont nombreuses, de vraies » coopératives, engagées à faire en sorte que la situation des membres qui les composent s’améliore.
This independent monitoring report is the result of eld data collection and documentary analysis. IDEF, hereinafter referred to as “the observer”, used resources gathered during previous eld missions in Liberia and conducted a series of interviews with members of communities in three villages (Boundary, Bee Zohn and Jaybo), with local representatives of the Liberian Land Authority (LLA), the Forest Development Authority (FDA) and a dozen resource persons, including producers and people involved in the settlement of workers in the forests for cocoa production in Liberia.
Le présent rapport d’observation indépendante est le résultat d’une part de collecte de données sur le terrain et d’autre part d’analyse documentaire. IDEF, ci-après « l’observateur », a utilisé des ressources récoltées lors de précédentes missions sur le terrain au Libéria et a conduit une série d’entretiens avec les membresdes communautés de trois villages (Boundary, Bee Zohn et Jaybo), avec les services locaux (?) de la Liberian Land Authority (LLA), du Forest Development Authority (FDA) de la région de Grand Gedeh et une dizaine de personnes ressources dont des producteurs et des personnes impliquées dans l’installation de travailleurs dans les forêts pour la production de cacao au Libéria.
Le rôle et les pratiques commerciales des acheteurs des coopératives sont déterminants pour soutenir les investissements et les apprentissages nécessaires à leur mise en conformité. Ainsi, l’étude approfondie des stratégies mises en œuvre par les coopératives de l’échantillon les plus avancées en termes de conformité au RDUE ou à l’ARS-1000 montre que les investissements réalisés sont intrinsèquement liés aux capacités que des relations commerciales permettent de développer. A contrario, l’étude montre que la coopérative la plus éloignée de la conformité semble handicapée par des relations commerciales instables, imprévisibles et peu rémunératrices, qui sont peu propices à la structuration des coopératives.
Ce rapport est le résultat de six mois de travail de recherche entre octobre 2023 et mars 2024, jalonnés de missions de terrain avec la collecte d’évidences et de témoignages, d’exploitation de ressources en source ouverte et d’analyse documentaire. Il met en évidence l’existence d’un phénomène désormais bien documenté, à savoir l’exode de producteurs de cacao de la Côte d’Ivoire pour s’établir au Libéria. Au cours de la mission de terrain, l’observateur indépendant a pu discuter avec les communautés au Libéria dans les villages de Yargbeken, de Touwloken et de Partaken.
Ce rapport s’adresse à l’ensemble des acteurs de la chaîne d’approvisionnement de la filière cacao. En particulier le gouvernement ivoirien qui devrait accélérer la mise en place du système national de traçabilité afin de mieux maîtriser les flux de cacao ; aux compagnies/exportateurs qui devront faire face à la diligence raisonnée notamment dans le cadre du RDUE ; aux labels de certification dont la crédibilité des certificats est lourdement questionnée et à l’Union européenne qui devrait s’investir davantage dans la mise en place de mécanismes robustes et de sanctions exemplaires à l’encontre des contrevenant afin d’éviter que la zone de déforestation ne se déplace rendant ainsi le RDUE inefficace.
Between October 2023 and March 2024 we, IDEF with the participation of ID Cocoa, carried out an independent monitoring investigation to better understand the flow of cacao between Liberia and Ivory Coast. More specifically, we sought to: confirm the existence of the trade; examine its role in driving deforestation in Liberia; understand the incentive structures driving the flow; and explore implications in the broader international effort to decouple cacao from deforestation.
Our investigation included a field mission in both Liberia and Ivory Coast, in an area that has experienced significant deforestation in the past year based on our analyses using Global Forest Watch. On the Liberia side, we spoke to cacao farmers and community members in the villages of Yargbeken, Touwloken and Partaken. On the Ivory Coast side, we spoke to representatives from multiple cacao cooperatives that allegedly purchase cacao from Liberian producers
La déforestation et dégradation des forêts n’épargnent ni les forêts classées ni les aires protégées (réserves naturelles et parcs nationaux). Ces dernières années, des rapports et articles ont démontré
l’existence de plantations de cacao dans ces zones protégées alors que la loi y interdit toute production de spéculation agricole, y compris cacaoyère. Toutefois, les données restent insuffisantes sur la production et le circuit de commercia-lisation de ces produits agricoles, en l’occurrence le cacao produit illégalement.
L’Observation Indépendante de la filière Cacao (OIC) a pour but de contribuer à une chaîne d’approvisionnement zéro déforestation et de production de cacao légale à travers la collecte et la publication de données crédibles, fiables et vérifiables. Avec un appui de l’ONG britannique REM, IDEF a mené des missions d’enquêtes d’OIC sur les raisons de la déforestation accélérée du Parc National du Mont Péko (PNMP) depuis janvier 2020.
At a time when Ivory Coast is embarking on a political dialogue on sustainable cocoa, it seems appropriate for all stakeholders to participate in this dialogue and improve the governance of the long-criticized sector. Cocoa has played an undeniable strategic role in the economic and social development of Ivory Coast. According to the Coffee and Cocoa Council, Ivory Coast produced two million tons of cocoa, i.e. around 45% of world production in 2020. The sector thus represents around 14% of the Gross Domestic Product (GDP) and nearly 6 million people derive their resources from cocoa farming. It provides a large portion of export earnings (40%). The European Union is the main market of Côte d’Ivoire since 67% of Ivorian cocoa exports are destined there.
Le cacao joue un rôle stratégique et indéniable dans le développement économique et social de la Côte d’Ivoire depuis son indépendance. En 2020, plus de deux millions de tonnes ont été produits soit environ 45 % de la production mondiale. Le secteur représente environ 14 % du Produit Intérieur Brut (PIB) et près de 6 millions de personnes tirent leurs ressources de la culture du cacao. Il assure une large portion des recettes d’exportation (40 %). L’Union européenne reste le principal client de la Côte d’Ivoire puisque 67% des exportations de cacao ivoiriennes y sont destinées.
Selon l’étude1 sur les facteurs de la déforestation en Côte d’Ivoire réalisée en 2016 par ETC TERRA pour le compte de la REDD+, l’agriculture en général et en particulier le cacao est responsable à 62 % de la déforestation et de la dégradation des forêts en Côte d’Ivoire. Cette déforestation et dégradation des forêts n’épargne pas les aires protégées (forêts classées, réserves et parcs nationaux). Ces dernières années, des rapports et articles de presse ont démontré l’existence de plantations de cacao dans ces zones protégées alors que la loi y interdit toute production de spéculation agricole, voire le cacao. Toutefois, les données sont insuffisantes sur la production, le circuit de de commercialisation de ces produits agricoles en l’occurrence le cacao produits illégalement.







